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31/01/2005

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L’Espéranto, pour une communication équitable


Le langage est un élément fondamental des sociétés humaines. C’est en effet lui qui, d’une part, permet à la pensée d’exister et qui définit le cadre d’expression de cette pensée, et, d’autre part, il est le principal vecteur de la culture. Le multilinguisme apparaît ainsi comme indispensable pour garantir la diversité culturelle et intellectuelle de la planète. De plus, l’héritage linguistique actuel fait partie du patrimoine de l’Humanité, et doit être préservé.

Mis à part quelques rares cas de communauté autarcique, les peuples ont toujours eu besoin de communiquer entre eux. Cette communication était auparavant réservée à une élite, composée de diplomates et de commerçants. La langue de communication varie selon les époques, mais la raison reste la même : c’est la langue du plus fort ou, dans quelques cas, celle du pays qui rayonne le plus. Tour à tour les pays dominants ont donc imposé leur langue aux territoires conquis, et bien plus qu’un moyen de compréhension pour l’occupant, il devait permettre de modifier la pensée des occupés pour créer un nouveau sentiment d’appartenance.

La période récente n’échappe pas à la règle, mais sa spécificité réside dans le fait que l’explosion des transports a complètement décloisonné les peuples, et la langue dominante n’est plus uniquement cantonnée dans une petite zone géographique, mais répartie sur toute la planète. De plus, le besoin de communication qui était initialement limité à des diplomates ou des commerçants s’est démocratisé et, désormais, rares sont les personnes qui n’ont pas besoin dans leur travail de la langue internationale. L’unification linguistique du monde, impensable il y a un siècle, apparaît ainsi de plus en plus réalisable. C’est l’Anglais aujourd’hui qui jouit du statut de langue mondiale. Et plus la mondialisation s’accélère plus son emprise se renforce.

Les pays non anglophones se trouvent donc pris entre deux feux : soit ils protègent leur patrimoine culturel, au risque de se pénaliser pour suivre le rythme de la mondialisation, soit ils se laissent tenter pour la langue mondiale, via un enseignement dès le plus jeune âge, pour mieux s’intégrer dans la mondialisation. Aucune de ces solutions n’est satisfaisante. La première permet de protéger son espace culturel, mais elle exclut une part importante de la population de la mondialisation (de nombreux citoyens ont une maîtrises très médiocre de la langue internationale). La seconde solution permet à un plus grand nombre de citoyens de communiquer avec l’extérieur, néanmoins elle conduit inexorablement à la marginalisation de la langue nationale, et transforme la domination linguistique en domination culturelle et idéologique (le problème n'est pas l'apprentissage d'une langue dès le plus jeune âge, mais l'apprentissage de la même langue, pour tous dès le plus jeune âge).


Il est donc tant de sortir de cette impasse, et l’Espéranto est une solution.


L’Espéranto est une langue créé en 1887 par Dr Zamenhof dans le but de faciliter la communication entre les personnes de différentes cultures. Elle permet à ceux qui l’utilisent de dialoguer sur un pied d’égalité, dans la mesure où aucun n’utilise sa langue maternelle. De plus, grâce à sa construction simple, logique et régulière, l’apprentissage est très aisé. Ainsi, pour un Français, le niveau atteint après un an d’Espéranto est équivalent au niveau atteint après sept ans d’Anglais (c’est à dire de la sixième à la terminale).

L’utilisation de l’Espéranto comme langue internationale procure de nombreux avantages.


C’est d’abord une garantie pour le multilinguisme. Les pays n’ont plus besoin de commencer l’apprentissage de la langue internationale dès le plus jeune âge, il est parfaitement possible de commencer jeune une autre langue. La diversité culturelle, l'ouverture d'esprit et la diversité de pensée de la planète, sont ainsi garanties.

C’est ensuite un renforcement de la démocratie car l’Espéranto permet à tous les citoyens, même ceux qui ont quitté le système scolaire très tôt, de pouvoir communiquer avec l’extérieur.

C’est aussi un renforcement de l’égalitarisme. Avec l’Espéranto chacun fait l’effort d’apprendre une langue différente de sa langue maternelle. C’est la fin des privilégiés qui sans aucun effort connaissent la langue internationale, et qui se gaussent de personnes ayant travaillé dur pour un résultat souvent imparfait. De plus l’injustice concernant les nombreux emplois réservés à des personnes ayant comme langue maternelle la langue internationale, (comme il en existe actuellement à Bruxelles), pourront ainsi disparaître.

Enfin, c’est aussi une garantie pour la diversité des langues enseignées. Le peu d’heures nécessaires à l’apprentissage de l’Espéranto permet de dégager du temps pour l’apprentissage d’autres langues, sans aucune préférence. C’est donc un enrichissement plus important pour un pays car ses citoyens connaîtrons des langues très diverses, et puisqu’à travers l’apprentissage d’une langue c’est la civilisation de tout un peuple que l’on apprend, les Français connaîtront des cultures extrêmement variées. Les voyages linguistiques ne se limiteront plus à des voyages dans des pays Anglophones (500 000 français partent chaque année à l’étranger, l’immense majorité dans des pays anglophones). Il est vraiment regrettable de constater que 85 % des lycéens, n’auront connu que le Royaume Uni ou l’Irlande comme voyage linguistique, alors que nous avons, l’Italie, l’Allemagne et l’Espagne, entre autres, juste à proximité. Un rééquilibrage est indispensable.


Ne soyons pas naïfs, il est évident que l’anglais restera, pour au moins plusieurs décennies, la langue privilégiée dans de nombreux domaines. Le succès de l’Espéranto ne sera possible que s’il comble un espace actuellement inoccupé (typiquement s’il s’occupe des personnes exclues de la langue internationale). L’introduction de l’Espéranto en milieu universitaire semble ainsi vouée à l’échec ; par contre une instruction de masse au niveau collège devrait rencontrer un vif succès (deux heures par semaines pendant deux ans suffiraient). Et d’ici deux ou trois décennies, lorsque la génération Espéranto arrivera au pouvoir, les secteurs, jusqu’ici réservés à l’Anglais, basculeront lentement vers la nouvelle langue internationale.


L’Espéranto permet de répondre démocratiquement aux besoins de communications engendrés par la mondialisation, tout en préservant la diversité linguistique et culturelle de la planète. Basculer vers l’Espéranto n’est qu’une question de volonté, principalement de volonté politique. Et en ces temps d’unilatéralisme, un brin de multilatéralisme serait bienvenu.